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ECONOMIE


CI-JNCC2019/INTERVIEW ACCORDEE A LA PRÉSIDENTE, FANNY DOUMBIA ASSATA

Dans cet entretien qu’elle a accordé à notre Journal en ligne Lamediane.com, Mme Fanny Doumbia, Présidente de la Société coopérative ECAM, par ailleurs, Lauréate du Prix Meilleure Société coopérative agricole lors de la 6è édition de la Journée Nationale du Cacao et du Chocolat, évoque les difficultés que sa coopérative rencontre. Elle exprime également son satisfecit après avoir été distinguée et lance un appel

 

Q : Bonjour Madame. Pouvez-vous, vous présenter à nos lecteurs ?                     

R : Je suis Mme Fanny née Doumbia Assata, divorcée, mère d’un enfant. J’ai 44 ans. J’ai une licence en Commerce International depuis 1998. Je suis la PCA de la Société de la coopérative ECAM qui signifie Entreprise de Coopérative Agricole de Méagui créée en Août 2004 dans la région de la NAWA.

Q : D’où est venue l’idée de la création de cette coopérative ?

R : Dites-vous que c’est l’idée d’un groupe de personnes. Quand j’ai hérité du champ, la manière dont j’ai traité et géré le champ, les gens qui me suivaient dans le campement ont dit, mais il y a quelque chose qu’elle est en train de faire qui est intéressant. C’est ainsi que la plantation a commencé à bien produire, à bien reprendre. J’ai commencé à leur demander des conseils, comment il faut gérer une coopérative de cacao. Je me suis demandé mais pourquoi  pas créer une coopérative ? C’est comme ça l’idée est venue.

Q : Quelle est la particularité de votre coopérative ?

R : La particularité est que nous restons proche des producteurs. Nous les écoutons.  c’est vraiment très important. Nous essayons de leur montrer des activités que nous menons au sein de la coopérative, de leur montrer, nos visions. Nous mettons des stratégies ensemble pour pouvoir aller de l’avant. C’est ça notre particularité. C’est la communication, l’explication, le partage de vision.

Q : Pouvez-vous nous donner quelques chiffes sur le plan  organisationnel et  financier de la coopérative dont vous avez en charge ?

R : Nous sommes actuellement à près de 2.000 membres depuis 2013 pour une capacité de production de 7.000 tonnes. Nous vendons à 2 chocolatiers. Nous recevons également des primes d’encouragement pour nos producteurs et moi . je vous invite à assister à notre AG. Pour répondre à votre question, notre chiffre d’Affaires c’est plus de 2 milliards par an. Nous sommes structurés en société. On veut amener nos producteurs à être diversifiés, exercer une autre activité en plus du cacao.                                

Q : Vous venez d’être distinguée à la cérémonie d’ouverture de la 6è édition de la Journée Nationale du Cacao et du Chocolat, Lauréate du Prix de la Meilleure Société Coopérative Agricole. Alors, qu’est-c e qui a milité en votre faveur ?

R : Dans un premier temps, je remercie le gouvernement ivoirien et tout le soutien qu’il apporte aux producteurs de Côte d’Ivoire. Depuis 6 années successives, le Conseil Café-Cacao initie des Journées Nationales du Cacao et du Chocolat pour magnifier les braves producteurs et les coopératives qui sont distingués au cours de l’année et du coup, cette année, on a été 3è meilleure coopérative nationale. C’est une reconnaissance que le pays vient de nous faire. On n’a que la joie d’entendre cela, de reconnaître notre travail et c’est important pour nous. C’est aussi une interpellation de toujours maintenir ce qu’on fait, pourquoi pas être la meilleure coopérative nationale.

Q : Quel est le sentiment qui vous anime après cette distinction ?

R : Si vous avez remarqué, sur les 6 lauréats, je suis la seule femme. C’est vraiment un sentiment de joie. Ce n’est pas aussi facile surtout pour une femme d’en finir meilleure coopérative. Meilleure coopérative, c’est un monde vraiment masculin. Et c’est aussi  un sentiment de vouloir mieux faire parce que, nous les femmes, on se dit qu’on peut y arriver. C’est un sentiment de joie et de reconnaissance à l’Etat de Côte d’Ivoire.

Q : Quelles sont les activités que votre coopérative mène ou a menées depuis sa création ?

 R : Les activités que notre coopérative a menées sont de diverses sortes. Une coopérative, c’est l’association de plusieurs producteurs pour avoir un meilleur prix. Ça  c’était l’idée première. Mais aujourd’hui on se rend compte que ce n’est pas le prix qui nous intéresse. Du coup, on a plusieurs activités qu’on mène au niveau  des activités et au niveau des producteurs.

Au niveau des producteurs, d’abord nous les formons sur diverses problématiques, la gestion des revenus. Ça c’est la première des choses. Après cette formation, nous mettons à la disposition de nos producteurs des services. Les services aussi sont de diverses manières. Il y a des dons d’engrais, des dons de vivre. Quand nos producteurs sont malades, on essaie tant bien que mal de les aider et soigner leurs familles. Il y a une assurance en place pour permettre aux producteurs de pouvoir se soigner. Ça  c’est au niveau des producteurs. Mais au niveau de la coopérative, nous avons déjà construit 3 écoles dont une(1) maternelle et 2 écoles de 6 classes. Nous construisons régulièrement des pompes hydrauliques aussi. Nous avons innové cette année en construisant des maisons sociales pour les producteurs. C’est beaucoup apprécié. Nous avons construit 25 maisons cette année, qui sont en cours actuellement. On connaît les besoins des producteurs. Au fur-et-à mesure, étape par étape, on essaie de mettre en place ces services-là. Mais sachez qu’il y a une participation des producteurs. Si nous devons mettre en place par exemple des vergers pour faire l’agro-foresterie, le producteur prend une partie en compte et sa contre partie c’est peut-être faire le planting d’arbres ou bien faire la pépinière. Il faut que les producteurs participent à toutes nos actions qu’on mène.

Q : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

R : Les difficultés sont de plus en plus externes et internes. Au début, on avait une grande concurrence. Actuellement, on a moins de concurrents parce que nos producteurs sont fidèles à nous. Mais ce qu’on a comme difficultés, ce sont les difficultés externes. C’est le gouvernement qui doit s’occuper de ça. Ce sont les routes. Les routes sont assez mauvaises. L’encadrement des producteurs en ce qui concerne les infrastructures sociales. C’est ce dont on a besoin. Ce sont nos réelles difficultés aujourd’hui. En ce qui concerne les coopératives, nos difficultés majeures c’est le changement climatique. Le changement nous déboussole aujourd’hui et on n’arrive pas à faire des prévisions. La deuxième difficulté qui vient de s’ajouter aussi, avec la limitation du tonnage qui a été décrétée par le Conseil Café Cacao, on ne peut plus avoir de semences. Nos plantations sont vieilles et en plus de cela il y a beaucoup de maladies et de ravageurs dans nos plantations. Voici un certain nombre de difficultés que nous avons aujourd’hui, qui ne se font pas sentir.  Mais dans les deux ou trois années qui viennent, si le gouvernement ne change pas d’avis en ce qui concerne la mise en place des objets pour pouvoir régénérer les plantations, on va avoir des problèmes.

Q : Avez-vous des partenaires  qui vous appuient financièrement ? Si oui, lesquels ?

R : Comme je vous l’ai dit tout à l’heure. Nous sommes née depuis 2004. Nous sommes une coopérative sérieuse, une coopérative qui montre la clarté dans ses comptes avec les producteurs. Du coup, on a des partenaires externes. Les banques aussi  ne veulent pas financer les coopératives. Mais nous avons deux banques qui nous financent depuis 2004 : une banques française et une banque anglaise et ça se passe bien.

Q : Quels sont les défis à relever ?                     

R : Il y a déjà le défi du changement climatique, le défi de la déforestation. De plus en plus on sent dans le changement climatique beaucoup de maladies, beaucoup de pluies ou bien pas de pluies du tout. Il y a aussi le défi d’aller toujours de l’avant pour la coopérative. Et puis, nous voudrions que le producteur se sent à l’aise, qu’il puisse prendre conscience qu’être dans une  plantation,  ce n’est pas manquer sa vie. Il faut avoir une idée plus positive. La voix des producteurs compte.

Q : En tant que Présidente de coopérative et productrice, que pensez-vous du nouveau prix du kg de cacao  qui vient d’être fixé à 825 F ?

R : Nous avons la chance en tant que présidente de coopérative, en tant que productive. Mais aussi en tant qu’une personne qui est allée à l’école. Donc on s’informe. Si le prix du kg de cacao était fixé à 1.000 F, je pense que cela n’allait pas arranger le gouvernement même les producteurs. Vous savez, la dernière fois qu’on avait fixé le prix du cacao à 1.000 F, après le cacao était bloqué sur notre mer. On ne savait pas ce qu’il fallait faire. Donc je pense que ce prix n’est pas mauvais. Si on disait 1.000 F aujourd’hui, je suis sûre que notre cacao allait être bloqué. Donc je pense que c’est une joie pour moi d’avoir quand même 75 F de plus. Je pense que tous les producteurs doivent se réjouir.

Q : Que pouvez-vous dire aux autres sociétés coopératives n’ayant pas été distinguées aujourd’hui ?

R : C’est de toujours les encourager. Moi, j’arrive à m’organiser comme je peux. On ne rentre pas dans une coopérative parce qu’on est en quête de d’argent. Qu’ils se mettent au travail, qu’ils aient une vision claire et une bonne gouvernance de leurs coopératives. Il faut avoir des ingrédients  pour pouvoir rassurer nos producteurs. Si tout cela est pris en compte, on pourrait avoir des coopératives très fortes.

Sunday ALAIN (STG)

 

 


S..A
04 Oct 2019 13:15



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