• CI-CONDAMNATION :Akossi Bendjo l’ex-maire du plateau a été condamné par la juste ivoirienne a 20ans de prison    
  • CI-CARTE NATIONALE D’IDENTITÉ :le gouvernement a prorogé mercredi, la validité des cartes nationales d’identité jusqu’au 30 juin 2020    
  • CI- PRÉSIDENTIELLE2020:Marie Carine Bladi, présidente du Nouvel Ivoirien- Côte d’Ivoire Nouvelle(NICIN) apporte son soutien à la jeunesse de Treichville.    
  • CI-SIAC: La société ivoirienne d’assistance aux collectivités (SIAC) organise le mardi 26 mars la cérémonie officielle de restitution des travaux relatifs au recensement du potentiel fiscal de 10 collectivité territoriales.    
  • YOPOUGON ACCADEMIE:Du nouveau au complexe hôtelier mabea beach : Des salles pour anniversaires, cérémonies de baptême, mariages, lieu de sortie de détente etc.… pour plus d’informations appelez au 07169395/ 45619338    

SOCIETE : Interview

Document sans nom


INTERVIEW/ HAMED KOFFI ZAROUR, PRÉSIDENT DE L’ONG AGIR POUR LA CÔTE D’IVOIRE

Présent le 07 août au défilé de mode flash mob de l’indépendance organisé par le jeune styliste ivoirien, Koffi Pati Armel Boris. Hamed Koffi Zarour, président de l’ONG agir pour la Côte d’Ivoire, dans cette interview accordée au Repère d’Abidjan, dont nous avons reçu copie, nous situe sur le sens de son engagement en faveur de la jeunesse.

 

Vous étiez présent le 05 août au séminaire positiv’impact pour le leadership transformationnel des jeunes, aujourd’hui, jour de l’indépendance, vous êtes présent pour soutenir un défilé de mode organisé par un jeune créateur. Quel est le sens de votre engagement aux côtés des jeunes ?

 

Mon engagement est d’abord citoyen. C’est l’engagement d’un homme qui se veut être au service de la jeunesse, au service de son pays, qui essaie d’apporter sa modeste contribution à sa communauté dans la mesure de ses possibilités. C’est ce qui justifie mes accompagnements en faveur de cette jeunesse parce que la jeunesse est le présent et le futur de notre pays ainsi que de l’Afrique. Vous n’êtes pas sans ignorer que le continent africain regorge plus de jeunes, or malheureusement, nos jeunes sont à la quête de perspectives d’avenir. Ce qui justifie que très souvent, ils vont chercher un Eldorado ailleurs où on leur fait miroiter des choses qui n’existent, en réalité, pas ; parce que dans leur pays, on ne leur offre pas des perspectives qui leur permettent de s’épanouir et de contribuer au travers de l’entreprenariat, de leur capacité d’innovation technologique et scientifique au  développement de leur pays. Certains vont travailler à l’extérieur parce que, malheureusement, leurs mérites ne sont pas reconnus localement. Et mon souhait, c’est que nous puissions mettre en place des politiques qui incitent les jeunes à se sentir chez eux capable d’apporter leur contribution. Cela appelle justement la mise en place de formations en adéquation avec les besoins du marché. Cela appelle également l’inclusion financière pour ceux qui veulent s’engager dans l’entreprenariat de sorte à avoir accès aux financements. Cela appelle aussi l’encadrement parce que tout le monde ne peut pas être entrepreneur, parce que pour être entrepreneur, cela nécessite une formation, un encadrement, un suivi de façon à ce que dans cette vision que nous nous avons d’une transformation structurelle de nos économies pour prendre en compte la nécessité de mutation qui s’opèrent à travers le monde et qui sont des mutation qui , je dirais impose, la compétition, nos jeunes soient armés de compétences, de savoir-faire pour relever le défi du futur qui est celui d’être présent dans la transformation de nos matières premières, dans la transformation technologique du savoir-faire et hisser notre pays et nos pays dans le concert des nations.

 

Avez-vous foi en cette jeunesse ?

 

J’ai confiance en la jeunesse parce que la jeunesse regorge d’énormes potentialités, la jeunesse à une volonté réelle de pouvoir s’affirmer, de s’émanciper.

 

Comment comptez-vous amener cette jeunesse à atteindre les objectifs que vous lui assigné ?

 

Ce qui est important, c’est de créer des cadres de références de sorte que cette jeunesse ne soit pas une proie facile pour se laisser divertir et ne pas aller vers l’essentiel. L’essentiel, c’est l’intérêt de la Côte d’Ivoire, l’intérêt de contribuer au développement du pays. Donc, il faut commencer à créer le cadre où on les sensibilise, les encadre, les amène à des valeurs morales qui les amène à bien comprendre que l’essentiel n’est pas dans la distraction comme on le voit aujourd’hui où quand on parle de Coupé Décalé, d’amusement, on voit un engouement mais vraiment incroyable. Par contre, quand on parle de travail, on ne voit pas la jeunesse engagée. C’est pour cela qu’il faut changer de paradigme de sorte que les efforts mutualisés émanant des politiques, de la société civile, des parents, de la société en un mot puissent participer à l’éveil des consciences et à la nécessité de changer les mentalités pour créer de nouveaux ivoiriens, de jeunes ivoiriens qui ont conscience des défis qu’ils doivent relever. Cela passe par la formation, l’éducation, l’encadrement, la conscientisation et le changement de mentalité.

Avez un appel à l’endroit de cette jeunesse en laquelle vous avez foi ?

 

Je leur dirai de rester conscients, de croire en eux, de continuer à travailler. Ce n’est pas facile, on le sait l’environnement ne facilite pas les choses. Mais, cela ne doit pas les amener à baisser les bras. C’est pourquoi, je les exhorte au travail, à s’engager dans la voie du travail sérieux, de la persévérance et aussi dans la voie du défi. Il y a beaucoup de défis à relever. Et donc, je crois en cette jeunesse ivoirienne qui est capable, je dirais, de choses incroyables. Il suffit simplement qu’on crée le cadre et qu’on les accompagne pour qu’ils fassent montre de capacités à impacter la société de façon durable parce que l’avenir nous impose d’avoir une jeunesse responsable et capable, sinon ce sont les autres qui viendront chez nous. Et ce sont les autres, si on n’y prend garde, qui vont contrôler notre pays si on n’a pas préparé la relève.


Interview réalisée par Adonis N’Guessan avec la collaboration de Essoh Lohoues Fulgence

 


ELF
15 Aug 2019 23:16




CI-SANTE PUBLIQUE/CANCER DU COL DE L’UTERUS ET DU SEIN, LE PR. ADOUBI INNOCENT ANNONCE LA BONNE COULEUR: « LES MOYENS DE TRAITEMENT DU CANCER SE DÉVELOPPENT. AVEC DES RESSOURCES HUMAINES QUALIFIÉES, UNE MEILLEURE COMPRÉHENSION DE LA MALADIE AU NIVEAU DIAGNOSTIC ET THÉRAPEUTIQUE, ON PEUT ARRIVER À GUÉRIR LE CANCER ».

Dans cet entretien, le spécialiste de la cancérologie,  le Pr ADOUBI Innocent, chef de service cancérologie au chu de Treichville-Abidjan par ailleurs directeur-coordonnateur du programme national de lutte contre le cance(PNLCA) donne les signes annonceurs, les différents facteurs de risque, les conséquences   des cancers du col de l’utérus et du sein. Il préconise également le dépistage précoce du cancer et sensibilise les populations sur cette pathologie.

 

Q : Pouvez-vous nous dire ce qu’est le cancer, en général ?

Pr ADOUBI: Le cancer c’est une maladie de la cellule c’est-à-dire une maladie qui se caractérise par la multiplication des cellules de manière anarchique, ne respectant plus les règles de l’équilibre de l’organisme et qui ont cette capacité d’agresser l’organe où naissent ces cellules. Elles ont surtout cette capacité d’envahir tout l’organisme à travers les vaisseaux sanguins. Le cancer touche près de 12 millions de nouveaux cas par an avec 6 à 7 millions de décès.

 

Q : Pouvez-vous nous définir particulièrement le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein?

 

 Pr ADOUBI : Vous savez que l’utérus c’est un organe féminin qui se présente plus ou moins comme une poire renversée. Le col de l’utérus constitue la grande partie qui tombe dans le vagin. Le cancer du col de l’utérus est la multiplication des cellules de façon anarchique au niveau du col de l’utérus. Ce phénomène de multiplication se caractérise souvent par des saignements vaginaux, des pertes nauséabondes, etc. Donc c’est un cancer qui est facilement détectable parce qu’il suffit de mettre un « speculum » pour s’en rendre compte. Et le cancer du col de l’utérus, c’est le deuxième  cas de cancer en Côte d’Ivoire.                    

Q : Et maintenant, qu’en est-il pour le cancer du sein ?

Pr ADOUBI : Le cancer du sein quant à lui, est un cancer qu’on voit souvent chez les femmes qui cumulent un âge qui tourne autour de 40 à 45 ans. C’est un cancer qui est très redoutable parce qu’il est capable de donner des « métastases» s’il n’est pas diagnostiqué   tôt. Ces métastases se caractérisent bien sûr par la prolifération des cellules au sein du sang, capables de donner des tumeurs qui vont finir par envahir l’organisme.

Q : Combien de types de cancer existe-t-il ?

 Pr ADOUBI : Il existe une centaine de type de cancer. Tous les organes peuvent être atteints par le cancer. Le cancer du col de l’utérus  et le cancer du sein font partie des cancers les plus fréquents chez la femme. Sinon, de manière générale, le cancer peut atteindre tous les organes. On distingue plusieurs types de cancer. Alors, il faut savoir que les cancers les plus fréquents, à part le cancer du col de l’utérus et le cancer du sein chez la femme, il y a le cancer du poumon, le cancer de la prostate, le cancer du foie, le cancer de l’estomac, le cancer de la vessie. Ce sont les cancers les plus vus dans le monde.

 Q : Le kyste est-il un signe du cancer ?

Pr ADOUBI : Non, le kyste n’est pas forcément un signe du cancer. Bien vrai qu’il peut avoir des kystes cancéreux. Mais le kyste, en fait, c’est la formation d’une boule avec à l’intérieur un liquide. C’est souvent des structures qui sont bénignes.

Q : Quelles sont les causes du cancer ?

Pr ADOUBI : Les causes du cancer sont multiples. D’abord, il y a le vieillissement. Parce que, plus on prend de l’âge, plus le contrôle des mécanismes de régulation de l’organisme ne fonctionne pas comme il le faut. Donc les cellules peuvent se mettre à devenir assez folles pour constituer des groupements de cellules anormales. Mais il y aussi des facteurs qui peuvent influencer négativement notre organisme, à savoir le tabagisme, l’alcool, une alimentation déséquilibrée (trop riche en calorie), la sédentarité qui est également l’une des causes du cancer. Par ailleurs, il faut ajouter l’exposition aux produits chimiques ou à un environnement pollué. Donc, tous ces éléments peuvent être considérés comme des facteurs de risques du cancer, en général.

Q : Vous venez de donner les causes du cancer en général. Mais prenons le cas du cancer du col de l’utérus en particulier. Quelles en sont les causes ?

Pr ADOUBI : Le cancer du col de l’utérus est causé par un agent viral qu’on appelle le Papillomavirus Humain (PVH). C’est un virus qui est transmis sexuellement comme le VIH et qui est capable de transformer le col de l’utérus de manière négative et entraîner une prolifération à son niveau avec possibilité de transformation en tumeur. Donc c’est l’agent causal du cancer du col de l’utérus. C’est un virus qui est transmis par voie sexuelle.

 Q : Est-ce qu’il est recommandé aux femmes de faire des toilettes répétées ou de laver plusieurs fois la partie intime ?

 Pr ADOUBI : Disons que les toilettes répétées favorisent plutôt les infections bactérielles. Mais, Les toilettes répétées ne sont pas directement liées au cancer du col.  Le cancer du col de l’utérus, c’est un virus qui agit sur le col de l’utérus et qui est transmis sexuellement. Les toilettes vaginales n’ont aucune influence sur le virus.

 Q : Quelles sont les conséquences du cancer de façon générale ?

Pr ADOUBI : Le cancer c’est une maladie insidieuse qui évolue lentement.  Il peut mettre 10 à 15 ans avant de paraître. Le problème du cancer c’est son diagnostic précoce. Et ce diagnostic précoce, nous l’avons grâce à la technologie. Les moyens de traitement se développent. Il n’y aura vraiment aucun souci dans les années à venir. Avec des ressources humaines qualifiées, une meilleure compréhension de la maladie, surtout au niveau diagnostic et thérapeutique, l’on peut arriver à guérir totalement le cancer.

Q : Pouvez-vous nous donner quelques chiffres au niveau du cancer du col de l’utérus et du cancer du sein ?

 Pr ADOUBI : Au niveau du registre du cancer d’Abidjan qui donne les statistiques épidémiologiques, le cancer du sein représente environ 38% pour 100.000 habitants en terme d’incidence et le cancer du col de l’utérus est autour de 30 à 31 % pour 100.000 habitants. On observe de plus en plus des cancers du col de l’utérus à des stades de début. Et une amélioration de la prise en charge du cancer du col de l’utérus fera qu’on verra  de moins en moins de cancer du col de l’utérus dans les années à venir si bien sûr des projets de mise en place des sites et d’activités de sites  continuent d’être aussi performants. Donc, si ces actions sont bien coordonnées nous pouvons être sûrs que le cancer du col de l’utérus va continuer de baisser.

Q : Vous avez parlé tout à l’heure du dépistage précoce du cancer du sein. Les jeunes filles de moins de 20 ans  doivent-elles aussi faire le dépistage précoce?

Pr ADOUBI: Il s’agit d’un certain nombre de cas très limités.  Les filles de moins de 20 ans qui ont ce cancer ont une proportion très faible.  Ce sont des choses qui arrivent mais ce n’est pas la grande fréquence. La grande fréquence c’est autour de 45 ans.

Q : Qu’en est-il du cancer du col de l’utérus ?

Pr ADOUBI: Le cancer du col de l’utérus est une maladie sexuellement transmissible. Donc les rapports sexuels précoces avant l’âge de 13 ans constituent aussi les facteurs de risque du cancer du col de l’utérus surtout s’il y a eu une infection virale qui est en dessous. C’est pourquoi on préconise l’information et la sensibilisation des jeunes filles sur l’abstinence sexuelle parce que les rapports sexuels précoces fragilisent le col de l’utérus.  Et le cancer du col de l’utérus peut survenir plus tard, surtout s’il y a une infection  associée.

Q : A quel moment parle-t-on de rapports sexuels précoces ?

Pr ADOUBI: On parle de rapports sexuels précoces lorsqu’ils sont faits avant l’âge de 16 ans. Quand on regarde les femmes qui ont eu le cancer du col de l’utérus, il y  a certaines qui ont eu leurs premiers rapports sexuels à l’âge de 12 ans. Donc toutes les études ont montré que les rapports sexuels précoces sont aussi des facteurs de risque du cancer du col de l’utérus.

Q : Comment peut-on prévenir le cancer du col de l’utérus en particulier ?

Pr ADOUBI: La prévention du cancer du col de l’utérus, passe par le port du préservatif et/ou la vaccination. Aujourd’hui, une jeune fille de neuf ans peut se faire vacciner contre le cancer du col de l’utérus c’est-à-dire  se faire vacciner contre le virus qui est responsable du cancer du col de l’utérus qu’on appelle le papillomavirus. Le deuxième élément important est que toute femme qui est déjà en activité sexuelle, à partir de 18 ans ou 20 ans, doit pouvoir consulter un médecin (gynécologue) chaque année pour examiner le col de l’utérus. C’est en ce moment-là qu’on pourra découvrir des lésions qui peuvent être suspectes et les traiter avant que le cancer n’apparaisse. Il est bien de savoir que toute femme qui est en activité sexuelle peut être une femme qui a un risque de développer un cancer du col. Donc il faut qu’elle puisse consulter régulièrement son gynécologue pour pouvoir faire l’état des lieux par rapport au col de l’utérus.

Q : Maintenant comment peut-on prévenir le cancer de façon générale ?

Pr ADOUBI: Il y a des cancers qui sont évitables. Mais il y a des cancers aussi qu’on ne peut pas éviter parce qu’on ne connaît pas les origines et autres. La prévention est d’abord primaire c’est-à-dire qu’il y a des actes  à supprimer pour  éviter le cancer. C’est le cas du tabagisme, de l’alcoolisme ou d’une alimentation mal  équilibrée. Il faut surtout pratiquer une activité sportive. Tout ça peut nous permettre de réduire les risques. Mais malheureusement il y a des cancers qu’on ne peut pas éviter. Ce sont les cancers d’origine génétique, qu’on ne peut pas éviter en tant que tel. L’important, c’est de pouvoir faire des consultations régulières. L’esprit de faire un « check off » tous les deux ans ou chaque année par rapport à soi-même  et suurtoutfaire attention à son corps s'il n'y a pas de tumeur, d'e, pratiquer l's de signe particulier; l'et surtout faire attention à son corps. Il faut voir s'il n'y a pas de tumeur, des hémorragies, des troubles qui persistent au niveau digestif ou au niveau urinaire. Tous ces signes doivent nous conduire à consulter un médecin. Même, en absence de ces signes, il faut se consulter souvent. Donc c’est pour vous dire qu’il n’y a pas de signe particulier. Seul le dépistage peut permettre de découvrir un cancer pendant que le diagnostic ne présente pas de signe particulier. En fait, c’est une façon de détecter précocement  la maladie. Le diagnostic précoce consiste à détecter des signes dès le début. C'est-à-dire au moins deux mois avant que le patient ne parte à la consultation. La plupart du temps, ce sont des cancers qui ne sont pas avancés. On peut proposer donc des traitements efficaces.

En définitif, il faut dire que si 50 % des cancers peuvent être évités, 80 %  des cancers peuvent être traités correctement s’ils sont diagnostiqués tôt.

 

Réalisée par Sunday  ALAIN 

 

 

 

 


SUNDAY ALAIN
06 May 2019 18:12




MME KINDO MARIE LAURE ASSANDOI (PDTE DE L’ONG AMBE) : " L’ACADÉMIE DE LA PAIX N’EST PAS UNE ÉCOLE"

Présidente-fondatrice de l’Organisation Non Gouvernementale (ONG) Association Mondiale pour le Bien-être de l’Enfant (AMBE), Mme Kindo Marie Laure Assandoi projette de créer une académie de la paix, en Côte d’Ivoire. Loin d’être une école, elle est une structure qui, selon elle a pour vocation d’œuvrer dans le but de consolider durablement la paix. Entretien.

 

Lamediane.com : Quelle serait l’utilité pour la Côte d’Ivoire d’abriter une académie de la paix, comme vous en faites la projection?

 

Kindo Marie Laure Assandoi : L’Académie de la paix est un projet initié depuis 2013. Après plusieurs missions, nous avions effectué une mission en France, en  2010, dans le cadre de la remise du Prix de l’Académie des Sciences d’Outre-mer où nous avions été primés. Nous avions eu le Prix des Droits de l’Homme, à l’occasion du cinquantenaire des pays francophones. En 2012, nous avions bénéficié  d’un autre voyage aux Etats-Unis, à l’invitation du département d’Etat, où nous avions fait des formations dans le cadre de la résolution des conflits et nous avions fait plusieurs formations à l’Institut de la Paix des Etats-Unis. Nous avions sillonné les Etats-Unis de la côte est à l’ouest en passant par le sud et le nord. A notre retour de ce voyage, nous avions jugé bon de capitaliser nos acquis. Notre organisation, Association Mondiale pour le Bien-être de l’Enfant (AMBE) a quinze ans d’expérience dans différents domaines. Et surtout dans le domaine de l’éducation, donc du savoir et de la connaissance et avec les Prix que nous avions reçus et en même temps. Déjà en 2009, nous avions été élevés au grade d’Officier de l’Ordre du Mérite de l’Education Nationale, en Côte d’Ivoire. Mieux, nous avions reçu plusieurs Prix au niveau international, au niveau des OND… il était bon de capitaliser tout ce que nous avions appris. C’est ce qui a accouché le projet de mise en place de l’Académie de la Paix. Mais, comme vous le savez, pour réaliser un lieu de savoir, de connaissance, cela met du temps. Cependant, nous avions déjà entrepris des activités qui rentrent dans le cadre de notre Académie. D’abord, il est  nécessaire de mieux orienter nos activités. Tout ce que nous faisons depuis 2013 contribue à favoriser tout ce qui concourt à la paix.  Par exemple, quand on aide des enfants à aller à l’école, c’est une façon de contribuer à la paix. Je vous ai dit que nous avions fait des formations au niveau international. Par exemple, nous avions étudié les institutions de la république française. On peut citer l’Assemblée nationale, le Senat… il y a en a beaucoup. En créant une académie en Côte d’Ivoire, c’est pour nous, une façon d’apporter notre modeste contribution à consolider une paix durable, dans ce pays.. Il va s’agir de réunir la ressource nécessaire dans la mise en place de cette académie.  Nous avions déjà entamé nos démarches dans ce sens.  Comme vous le saviez, les enfants sont au cœur de nos préoccupations. C’est une bonne pépinière qui fait une bonne plantation et donc, les enfants sont impliqués au niveau de l’académie. Nous allons apprendre aux enfants le développement durable, leur permettre de comprendre le cycle des choses… la démarche vise une vie meilleure !

 

Lamediane.com: Quel serait l’impact de cette académie sur la vie des ivoiriens et pourquoi pas sur les Africains?

KLMA: Comme vous le saviez, la Côte d’Ivoire est un pays assez spécial ! Vous allez dire que c’est parce que c’est mon pays. Pas du tout ! Vous-même le constatez que la Côte d’Ivoire attire toutes les populations du monde ! Au regard de cette réalité, elle doit créer  les conditions d’une meilleure cohabitation des communautés qui y vivent et viennent. Vous le saviez, la Côte d’Ivoire, dans son passé relativement récent a traversé un moment triste dans son histoire. A ce jour, nous estimons que chacun doit œuvrer dans le but de quêter, au quotidien, la paix. Nous sortons d’une activité qui est la création du Centre informatique du Groupe scolaire Saint-Michel d’Adjamé. C’est un exemple, un laboratoire de brassage des différentes communautés de Côte d’Ivoire et celles venues d’ailleurs pour expérimenter nos activités. Ce centre est un outil de paix ! Les enfants de ce groupe scolaire savent que là où ils trouvent en Côte d’Ivoire, le bonheur peut arriver à leur niveau. C’est important, parce que ces enfants ne vont pas se sentir marginalisés. Vous savez tout ce qui crée la frustration entraîne l’instabilité dans la vie d’une communauté, d’un pays…c’est comme quand une personne a faim. Elle devient méconnaissable, voire violente ! En revanche, il faut aider les gens à bien vivre quel que soit l’endroit où ils vivent.

 

Lamediane.com:Concrètement, qui cette académie de la paix va-t-elle former ?

KMLA :Attention, l’Académie de la Paix qui va voir le jour en Côte d’Ivoire, comme ailleurs partout dans le monde n’est pas une école! Notons bien que c’est une institution qui va promouvoir des valeurs. Cependant, le bâtiment qui va abriter son siège va exister. Ce qu’il savoir ce sont les actions que l’Académie va initier pour marquer sa contribution dans l’édification de la paix en Côte d’Ivoire et au-delà parce qu’au sein de notre organisation, nous n’avons pas que des Ivoiriens !

 

Lamediane.com : Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d’initier une telle structure, au regard de la paix précaire sur la quasi-totalité du continent africain comme ailleurs dans le monde ?

KMLA : Pour initier quelque chose, il faut que les gens vous comprennent.  Au cas contraire, vous ne serez pas loin d’être combattu. Quand on veut faire quelque chose dans la durée, il faut prendre le temps nécessaire pour l’asseoir.  En voulant bâtir un immeuble, il faut tenir compte de la fondation. Plus votre baptiste est haut, plus votre fondation sera profonde. C’est de cela qu’il s’agit.  Donc, nous avons pris notre temps pour étudier les problèmes de la société dans laquelle nous vivons. Et nous avons compris une chose : il faut aider les gens en leur apportant le bonheur. Le plus important c’est que les gens sentent qu’il y a d’autres, leurs semblables qui viennent les aider. Ce n’est pas forcément donner de l’argent à quelqu’un. Quelques fois, écouter simplement quelqu’un, c’est une manière de l’aider. Au début, quand nous avions créé notre organisation, c’était pour contribuer modestement pour le bien-être des populations. Cependant, nous constatons que partout, il y a le feu. Il y a la violence partout … pour pouvoir apporter des réponses à tout ça, il faut d’abord comprendre comment cela est arrivé ! Au cas contraire, tout ce qui va être entrepris ne sera que peine perdue.

 

Lamediane.com : Mme Kindo, avez-vous les ressources adéquates, notamment les hommes et les moyens conséquents pour réussir cette mission que vous vous êtes assignée volontairement ?

KMLA : Vous savez quand,  vous voulez apporter votre contribution, n’attendez pas que les autres fassent le  premier pas ! Je reviens à Gandhi  qui disait : "Sois toi-même le changement que tu veux avoir chez les autres." A preuve, aujourd’hui vous nous interviewez. Cela veut dire que ce que nous faisons a retenu votre attention ! Il faut se lancer. Vous avez l’idée, au fur et à mesure, il faut corriger les imperfections et ne pas rester dans l’immobilisme. Pour prôner la paix, il ne faut pas attendre de l’argent ! Le seul fait de dire bonjour à quelqu’un, c’est une manière de commencer déjà.  On peut commencer à sensibiliser dans sa propre famille. Par exemple, régler des problèmes au niveau familial. Il faut jouer ces rôles-là. Si vous constatez qu’il y a des personnes qui ne s’entendent pas, vous pouvez essayer de les rapprocher. Tout ça, c’est promouvoir la paix. Si vous constatez qu’il y a des dérives, il faut chercher à comprendre les origines. C’est vrai qu’on a l’impression que cela prend du temps mais, mieux vaut prendre ce temps-là au lieu de faire du surplace. Quand vous comprenez plus ou moins de quoi, il s’agit, vous savez par où il faut commercer pour pouvoir atteindre vos objectifs, parce que notre devise c’est : l’efficacité dans l’action. Quand nous voulons mener une action, nous voulons qu’elle soit efficace. Et pour réussir cela, il faut aller en profondeur. Il faut côtoyer les gens. C’est pour cela, que nous avons choisi la recherche empirique. Nous vivons avec les gens. Nous voyons leurs préoccupations et nous nous essayons d’y apporter des solutions. 

 

Lamediane.com : Avez-vous un appel à lancer au monde entier ?

KMLA : L’appel que je pourrais lancer, c’est de demander à la population du monde entier de se  départir  des mauvais sentiments. Par exemple, vous avez remarqué qu’en Afrique, quand l’un d’entre-nous occupe un poste, nous avons tendance à favoriser les parents, les amis… ce qui entraîne les frustrations. Le tribalisme, c’est quelque chose qui peut enflammer tout un peuple ! Quand des gens, dans la  société se sentent marginalisés et pensent que  personne ne fera jamais attention à leur présence parce que ne faisant pas partie de  tel ou tel clan, vous comprenez que ce sont des choses qui ne sont pas bien. A l’exemple, quand nous avons une responsabilité, il faut l’assurer comme il se doit. Il faut faire attention aux discriminations. Quand les gens se sentent en marge de la société, ils veulent se faire entendre d’une façon. Or ça ne se passe dans la douceur, souvent. En Afrique, ce sur quoi il est important d’insister, aujourd’hui, c’est l’éducation. Il faut qu’au niveau des richesses qu’un pays possède, les gens se sentent impliqués dans leur distribution pour que les Africains arrêtent de vouloir aller le bonheur ailleurs. Ce bonheur se trouve en Afrique ici, chez eux. L’Afrique est une terre nourricière. Si vous voyez que les gens traversent les autres continents pour venir en Afrique, c’est parce que ce continent a tout sur elle. Nous qui y sommes, nous ne faisons pas attention. Nous devons faire en sorte que les enfants d’Afrique ne quittent pas leur continent.  Sinon ce sont les autres qui viendront s’installer et cela va créer une autre bombe.

 


Bruno Kouassi
11 Dec 2017 07:41



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